ENTRETIEN : AUDREY REGNIER | BOHIN FRANCE 

BOHIN France est le dernier fabricant français d'aiguilles à coudre, d'épingles de sureté et d'épingles à tête de verre en France ! Fondée en 1833 dans l'Orne en Normandie, l'entreprise perpétue la tradition aiguillière et épinglière de sa région historiquement connue pour ces productions. Atypique, la fabrication de ces objets est à découvrir depuis mars 2014 directement au sein des ateliers, devant les salariés qui travaillent sur des machines ancestrales pour produire les aiguilles présentes dans plus de 35 pays au monde. Le catalogue BOHIN propose 2 500 références à ses clients, avec la même exigence de qualité et de sérieux qu'ils attendent fidèlement depuis les débuts de la société.

Après 5 générations de BOHIN à sa tête, l'ancien directeur commercial de l'entreprise, Didier VRAC, achète BOHIN en 1997. Aujourd'hui, 20 ans après, c'est la directrice du musée qui rachète tout le groupe : entreprise, musée et immobilier (classé aux Monuments Historiques). Un challenge de modernisation, d'attachement à l'image, de développement de l'export et d'accroissement de la productivité sont les principaux objectifs pour relancer l'attractivité de ce fleuron du savoir-faire français.

UN PEU D’HISTOIRE...

L'entreprise de menuiserie et bimbeloterie en bois (boîtes fantaisie, jouets) Bohin est créée avant 1833 à L'Aigle. Le passage à l'industrie de l'aiguille est du fait de Benjamin Bohin. La légende autour de l'entreprise raconte que Benjamin, à onze ans, aurait souhaité prendre le pouvoir dans l'entreprise de son père1. Après plusieurs fugues pour partir aux États-Unis, il affirme qu'il ne reviendra que si c'est lui qui dirige, ce qui aurait été chose faite en 1833, le jeune homme transformant l’atelier artisanal de bimbeloterie en un atelier de production en série. En 1860, il oriente l'activité de l'entreprise vers les aiguilles. En 1866, il achète une usine à Saint-Sulpice-sur- Risle.

En1868, en plein essor de larévolution industrielle, il décide d'abandonner le marché de la bimbeloterie pour diversifier l'entreprise dans la fabrication d'aiguilles. La région a comme grande spécialité l'épingle, puisque le pays d'Ouche est riche enminerai de feret s'y développe la métallurgie. Lors de l’exposition universelle de 1889, l'entreprise reçoit une médaille d'or pour la qualité de ses produits. Progressivement, il regroupe et modernise plusieurs ateliers de petits artisans aiguillers et épingliers et les installe sur les bords de la Risle pour utiliser son énergie hydraulique. Jusqu'à la Première Guerre mondiale, il y a au bord du cours d'eau jusqu'à cinq usines (plus deux autres à L'Aigle) qui font travailler 450 personnes (plus 150 dans les ateliers de tréfilage au siège de l'entreprise à Issy-les-Moulineaux).

Son fils Paul reprend la direction de l'entreprise en 1873 et dépose de nombreux brevets. Benjamin invente la première machine automatique de montage des épingles de sûreté avec « protège pointe » en 1890. En 1908, Paul invente la première machine capable de réaliser la fabrication complète des aiguilles. C'est en ce début du XXe siècle l'âge d'or de l'entreprise qui produit annuellement 400 millions d'aiguilles (soit 40 tonnes) et 3 milliards d'épingles. Après la Seconde Guerre mondiale, Bohin se diversifie une nouvelle fois en créant une gamme d'articles métalliques de papeterie et de petites pièces pour l'industrie textile ou le monde médical.

Alors que l'entreprise menée par cinq générations de Bohin successives est enliquidation judiciaire en 1996, elle est reprise en 1997 par Didier Vrac, salarié depuis 1990 (directeur des achats puis directeur commercial). Ce dernier ferme le siège d'Issy-les-Moulineaux, conserve le site de Saint- Sulpice-sur-Risle de production de trombones et d'agrafes pour le secteur de la papeterie mais parvient surtout à redynamiser l'entreprise à la suite de la reprise à la fin des années 1990 du marché de la broderie, du décor d’intérieur et de la couture, notamment le patchwork. En 1997, l'entreprise se scinde alors en deux branches : Didier Vrac reprend sous le nom «Bohin France », la mercerie (85 % du chiffre d'affaires) et la papeterie (15 % du CA) ; un autre industriel reprend la sous-traitance industrielle qui devient « Bohin Industrie », aujourd'hui renommé "AXFIL" (produits high tech en acier destinés aux secteurs du médical, de l’électronique, de la plasturgie, de la musique, du tatouage ou encore de l’aérospatial).

Le 28 décembre 2017, Audrey Régnier, ancienne directrice du musée de l’aiguille, et son mari, Fabien, rachètent Bohin France.

500 millions d'aiguilles et d'épingles sont produites chaque mois dans cette usine

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